Je danserai malgré tout !

Blandine Delcroix

Vendredi

01 | 03

Le Gymnase
Roubaix
19h

  • blandine delcroix
  • french connection films
  • cnc
  • association danseurs citoyens
  • à la biennale des écritures du réel - marseille (2018), festival interférences - cinéma, recherche, débats - lyon (2017), primed - le festival de la méditerranée en images - marseille (2017)

Un soir de 2012, à Paris, Blandine Delcroix rejoint Bahri. Celui-ci lui raconte la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011 à Tunis, et l’urgence viscérale qu’il ressent alors de réagir contre l’obscurantisme, grâce à la danse. Comme une résistance physique et artistique à l’oppression. Bahri défend la liberté d’expression, mais au corps à corps.

Je danserai malgré tout !, c’est le titre qu’il a donné à ces performances filmées dans l’espace public tunisien. Pour Blandine Delcroix, auteure et réalisatrice, cela sonne comme le titre d’un manifeste. Et l’envie devient irrépressible de faire connaître cette histoire. De la raconter dans un film documentaire, pour que se poursuive la transmission des valeurs de liberté et d’indépendance, pour montrer combien la danse, taboue parfois, peut amener chacun à réfléchir et à s’émanciper de certains conservatismes. Elle part donc en Tunisie entre 2015 et 2016, avec la ferme intention de réaliser un documentaire. Filmer sur un marché, sur la Place Barcelone de Tunis, ou devant le Théâtre Municipal, ces danseurs qui surgissent de nulle part. Filmer aussi la contagion du rythme qui opère, qui gagne les corps des spectateurs attroupés, hommes et femmes, qui se lèvent, se détendent et ondulent. Alors que d’autres observent sans que l’on sache qualifier leur regard : envie ? Réprobation ? Gêne ?

Je danserai malgré tout ! c’est aussi l’histoire intime et sensible de Bahri, Sandra et Selma, tous trois « Danseurs citoyens », qui s’engagent dans un combat avec pour seule arme l’art et la culture. Blandine Delcroix, c’est caméra au poing qu’elle se bat, en donnant à voir ici, ce qui se passe là-bas.