Etape de travail – Alioune Diagne

Regards d'artistes sur l'urbanisme #5

Vendredi

25 | 09

Le Gymnase
Roubaix
19h

Chaque année depuis 2015, des artistes sont invités à arpenter les grands projets urbains aménagés par Ville renouvelée et à proposer leurs visions des métamorphoses urbaines en cours ou passées.

Dans le cadre de cette nouvelle édition de Regards d’artistes sur l’urbanisme, l’artiste sénégalais Alioune Diagne s’appuie sur Diaminar, le quartier de Saint-Louis où il a grandi. Jusqu’aux années 1940, ce quartier était une montagne de sable. Avant l’indépendance, le gouverneur du Sénégal a exploité massivement le sable pour construire des HLM, Lycées, Maisons de jeunes,  hôtels… Après l’indépendance, le gouvernement du Sénégal et les Saint-Louisiens, continuèrent à profiter de ce sable pour leurs projets de construction. Aujourd’hui, cette ressource est quasiment épuisée. Les gens creusent encore et encore et le quartier est devenu un grand trou. A chaque saison des pluies, l’eau s’écoule des quartiers vers Diaminar, ce qui en fait le quartier le plus inondé de Saint-Louis. La majeure partie de la population du quartier doit alors se réfugier dans les écoles. Les inondations régulières et leurs lots de catastrophes contraignent le corps des Diaminarois, ils sont rongés par le sable salé, s’entassent les uns sur les autres, étouffent et s’abandonnent à ce cataclysme. Pourtant, pour un regard non-averti, la joie de vivre, la gaieté, la liberté d’habiter l’espace des Diaminarois ne semblent pas avertir d’une quelconque contrainte.

Alioune Diagne souhaite confronter les corps des Diaminarois à un espace urbain maitrisé, régulé, fonctionnel tel que l’on peut l’observer dans le Nord-Est de la métropole lilloise. Les réhabilitations industrielles ont reconfiguré l’espace urbain, mais comment des corps marqués dans leur chair par l’accumulation de catastrophes pourraient évoluer en harmonie avec d’autres corps ?